JEROME GUITTON

Sur Lignes – 3.3/ Cadre – géométrie et langage en particulier

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Toute œuvre de Muriel Leray peut mobiliser la fonction développée précédemment. Reste à savoir si Lignes 1 en fait un usage spécifique. L’on se souvient que cette œuvre garde un fin point d’attache entre les deux mondes disjoints, où ils s’influencent : la fin du mot coup.

Cette tête d’épingle fait-elle relire les alentours ? Montrerait-elle, peut-être, dans l’inséparabilité de la forme et du concept de la chaussure, une certaine fragilité ? Rien d’aussi direct, cette fois. La sensation qu’elle met en évidence semble rare, et il semble que l’on ne peut l’arracher qu’à peu d’objets. Elle dépend fortement de la logique de cette pièce-ci. N’apparaît pas sans effort dans les choses. De sorte qu’elle se perçoit comme une fêlure intérieure à la pièce.

Si cette assimilation n’est pas automatique, on la sent toutefois comme possible, car réalisée une fois au moins. Un seul exemple suffit pour montrer une existence. Un assemblage quelconque de perceptions reste un lieu possible pour une telle émergence. Soyons vigilants.

Sur Lignes – 3.2/ Cadre – géométrie et langage en général

Filed under: analyses — jeromegu @ 06:54

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Lorsque l’on s’assoit devant Vir Heroïcis Sublimus, on peut s’apercevoir que les lignes de l’œuvre abstraient les badauds qui lui passent devant, mettant en évidence leur verticale. Les cadres des œuvres de Muriel Leray se soumettent à la même logique : ils se mettent en relation avec tout ce qui est rectangulaire, puis simplement géométrique ou régulier, dans leur environnement. Les prises, les chauffages, les piliers sont montrés du doigt.

L’apport supplémentaire de l’œuvre de Muriel tient aux textes qui, détachés du contexte, génériques, mais cohérents rythmiquement et donc proprement découpables, viennent se confronter à ce que ces objets ont de plus proprement humain, utilitaire, particulier, manipulable par la langue autour. Telle veste, telle démarche, tel souci de chauffer le lieu d’exposition, tel autre élément hétérogène du brouhaha contextuel.

Lors de la récente création de Groupe fort ; comptabilité, le petit garçon d’un couple de collectionneurs belges posa sa paire de chaussures très proprement en face d’une batterie de prises électriques, à une dizaine de centimètres de l’œuvre.

Groupe fort, comptabilité

L’œuvre venait dialoguer avec cet objet du quotidien, par les deux points évoqués précédemment : la régularité de la position des chaussures, leur symétrie, le rectangle des prises, s’accordaient au cadre ; leurs particularités qualitatives, leur aspect fonctionnel (chaussures pour marcher, prises pour fournir de l’électricité) au texte.