JEROME GUITTON

Sur Lignes – 2.4/ Texte – incertitude orthographique

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Nous parlions de l’ambiguïté que le vers nous propose ; approchons-nous. En plus du flottement général du sens que le vers entretient, le mot coup est le lieu d’une incertitude plus précise. Comme coup n’est pas un verbe, le lecteur tend à vouloir le corriger. Deux possibilités :

  • torsion : le lecteur interprète coup comme un coud ; le d final aurait été tordu en p ;
  • coupure : le lecteur interprète coup comme coupe ; la phrase est incomplète, il manque une lettre (elle aurait été tronquée).

Si on considère le vers seul, indépendamment de sa réalisation plastique, on pourrait avoir tendance à favoriser l’hypothèse de coupure. mètre me coup suit une série de 8 accents, mais ne comporte que 3 accents ; à la lecture, on tend à croire qu’elle devrait plus longue, pour suivre le mouvement rythmique. On a d’autant plus envie de rapprocher la première série de la seconde en raison du couplage prosodique qu’entretiennent musulmans et mètre me… Arrivant à coup, on se retrouve frustré. La série de 3 accents semble trop courte. Quant au point qui suit, il ne nous aide pas vraiment à faire un choix : il peut marquer tout aussi bien la fin de la phrase que la place du e manquant.

Sur Lignes – 2.3/ Texte – continuité du sens

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À noter : si cette position d’exception singularise le mot coup du vers, elle ne l’en exclut pas. Le pronom personnel me le relie au vers, puisqu’il appelle un mot supplémentaire ; la phrase ne peut pas se terminer sur un me.

Qui plus est, ce coup participe du sens du vers, de son ambiguïté ; ambiguïté qu’il entretient, ou qu’il fixe, plutôt qu’il ne la crée ; cette ambiguïté apparaît avant en lui, en conséquence du conflit des
mots 1500 musulmans, visiter, mètre, qui ne semblent pas pouvoir former une phrase soluble dans le compte-rendu journalistique. Avant coup, une ambiguïté est déjà à l’oeuvre ; coup y participe, et, en closant la séquence, la confirme.

C’est en ce sens que l’on peut parler de position d’exception : coup ne brise pas la logique du vers, mais s’y découpe comme un signe d’autre chose ; certes. Il tient sa place dans ce système, mais ce n’est pas sa seule activité.